Marche sur le feu

Publié le par Chris

Quelques lignes dans le journal local annonçaient une marche sur le feu chez un particulier à Saint André.

Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. On essaie quand même.

Et parfois, quand on cherche, on trouve.

 

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Alors qu'on allait rentrer bredouille,  après avoir pris notre temps pour visiter le Temple de l'Etang,  on aperçoit "la Balade Bon Dieu".

C'est la procession de ceux qui viennent d'accomplir différents rituels à la rivière, sous les yeux de la divinité, dont la statue a été transportée dans un char.

Ils reviennent au temple, ici chez un particulier,  accomplir le dernier rituel: la marche sur le feu.

Cette marche vient conclure une période de 18 jours où les pénitents se sont préparés en se purifiant notamment par le carême et l'abstinence.


 

Juste le temps de se stationner et on  suit le char, dans une toute petite ruelle. 

On n'avait vraiment aucune chance de trouver l'adresse seuls. A croire que la Déesse Pandialé veille sur nous.

 

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Famille, amis, voisins, mais aussi ceux de toute confession peuvent assister à la cérémonie, dans le respect des rites hindouistes.

 

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Toute la journée, le prêtre tamoul a veillé le tapis de braise et l'a arrosé d'un mélange d'eau safranée et d'urine de vache.

Des pétales de fleurs entourent ce brasier.


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Les tambours accompagnent la cérémonie.


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Si les règles ont été bien respectées, les marcheurs, comme la Déesse Pandialé qui a ainsi prouvé sa fidélité à son mari, réussiront à traverser le tapis de braises sans se brûler.

 

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Tout le monde retient son souffle au moment où les pénitents, dont certains chargés de leur carlon,  franchissent les braises.

Aucun signe de précipitation ni de souffrance, tous réussissent l'épreuve.

Ils renouvellent la traversée 2 fois.

Très impressionnant!


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La cérémonie se poursuit par des sacrifices d'animaux, cabris et poules.

Là, je préfère détourner le regard...

 

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On aurait besoin d'explications pour comprendre certains rites.

C'est la première marche sur le feu à laquelle on assiste.

Une amie, dont le père est tamoul, nous a proposé de nous inviter quand une telle cérémonie serait organisée dans sa famille. Ce sera l'occasion de lui poser toutes les questions aujourd'hui sans réponse.

 

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Ra^haël Zacharie de IZARRA 08/06/2011 21:47


Eloge de la civilisation

Voici une lettre envoyée à une journaliste qui avait écrit un article sur les sauvages d'Amazonie.

Madame,

Vous êtes l’auteur d’un article qui m’a réellement fâché. Il s’agit du reportage sur les Papous, filmés par l’équipe de Nicolas Hulot. Le sujet est trop passionnant pour que je ne réagisse pas.
Dans votre article (« France-Soir » du mercredi 27 décembre 2000, page 28) ce sujet est traité de manière outrageusement convenue, et c’est une réelle et inadmissible offense à la Civilisation que
de faire implicitement l’éloge d’une véritable forme de sauvagerie encore « en vigueur » de nos jours… Etes-vous une authentique journaliste digne de ce nom ou bien un instrument d’abrutissement du
public, enjolivant l’infâme réalité pour mieux plaire à votre lectorat, complice dans la bêtise ?

En effet, vous écrivez en conclusion de votre article :

«Ce qui peut nous amener à penser que le sauvage n’est pas forcément celui que l’on croit…»

Dernièrement j’ai vu dans une émission télévisée un reportage sur les indigènes d’Amazonie. Le sujet du reportage traitait du recul de la forêt amazonienne face à l’avancée inexorable de la
civilisation, et de fait, du déclin d’une poignée de quelconques indigènes (je ne me souviens pas du nom de cette primitive peuplade). Le reportage, comme on pouvait s’y attendre, était loin d’être
impartial, le commentateur prenant résolument le parti des indigènes menacés par la civilisation.

A un moment du reportage le discours était formaté selon les strictes normes occidentales en vigueur aujourd’hui : défense sotte et aveugle de la minorité. Parce que c’est la minorité. L’article
dont vous êtes l’auteur est de la même veine : une bien piètre éloquence pour la défense d’une cause qui n’en vaut vraiment pas la peine…

Voilà de quoi il était notamment question dans ce reportage télévisé : le commentateur déplorait que la civilisation ait transformé ces guerriers légendaires en paisibles agriculteurs. Là, je ne
comprends plus rien… N’est-ce pas justement cela le progrès ? Ferait-on aujourd’hui l’éloge de la guerre lorsque la cause est télégénique (comme dans le reportage réalisé par l’équipe de Nicolas
Hulot), « écologique », bref, lorsque la cause est à la mode ? Nous fustigeons la guerre chez nous, mais chez ces sauvages elle serait jolie, pittoresque, et surtout «culturelle» à nos yeux ? On
traite ces hommes comme on traiterait une espèce animale en voie de disparition dans un parc naturel : on voudrait que ces indigènes continuent à s’entretuer dans leur jungle selon leurs traditions
millénaires, au nom de la préservation du patrimoine ethnique humain, au nom du respect de leurs mœurs de peuplades primitives… Comme lorsqu’on conserve des pièces rares dans un musée. Mais là ce
sont des êtres humains qui remplacent les vieilleries. En fait on en fait une espèce de canards sauvages labellisée « espèce protégée ». Parce qu’aujourd’hui la mode est au naturel, aux produits «
bio ».

De nos jours il faut se faire le défenseur de ces espèces de minorités en voix de déclin, au détriment de la souveraine majorité qui ne cesse d’étendre son influence sur celles-ci, et pour être
bien vu, pour être à la mode, il faut même être contre la civilisation, la nôtre je veux dire ! Alors que l’on ne cesse de chanter, de glorifier, d’encenser dès l’école primaire les civilisations
romaines, grecques, étrusques, etc. (qui ont tant apporté aux peuplades primitives d’Europe, dont en Gaule) il faudrait dénigrer notre propre civilisation qui est pourtant le beau fruit issu de ces
vergers antiques… Et tout ça parce que nous apportons chez ces indigènes primitifs la même chose qu’ont apportée les Grecs chez les Gaulois : la Civilisation (je veux parler ici bien entendu de la
civilisation digne de ce nom). Si on continue ce discours crétinisant envers ces va-nu-pieds des forêts d’Amazonie ou de Nouvelle Guinée, dans mille ans ces pauvres dégénérés en seront au même
point. Ce seront des espèces de bêtes en comparaison avec les représentants du fleuron des civilisations d’alors. Nul aujourd’hui n’ose plus appeler un chat un chat, et affirmer publiquement que
les sauvages sont précisément ceux qui s’ingénient à vivre dans les bois… Il est très à la mode dans notre société « télévisuelle », consensuelle et pour ainsi dire dévoyée par ce journalisme de
masse crétinisant que vous représentez, de déclarer que les sauvages c’est nous, et pas eux, pas ces « coureurs des bois »… A croire que l’idéal du progrès est de se manger entre ennemis, et même
parfois entre amis, comme le font ces « sauvages modèles » que vous défendez si bien, et qui auraient su préserver leur prétendue vertu originelle presque biblique…

Comment ose-t-on dire que la civilisation a apporté le déclin à ces barbares ? On voudrait, au nom du respect de leurs piètres traditions d’hommes des bois, les maintenir dans leurs obscures
superstitions. Où est le progrès là-dedans ? Nous apportons la lumière du savoir, de la connaissance, de la science et de l’intelligence, des arts, nous les hommes civilisés. Et le contact avec les
civilisations moins évoluées est une bénédiction pour ces dernières, et non une calamité comme on voudrait nous le faire croire. D’un seul coup nous leur faisons faire un bond en avant de plusieurs
milliers d’années à ces sauvages ! Où est le mal ? C’est cela précisément le progrès. Les civilisations sont toutes destinées à progresser. Et ce n’est pas en voulant maintenir les hommes dans leur
ignorance que l’on fait un acte de philanthropie… Bien au contraire. Imaginez que les peuples voisins de la gaule n’auraient jamais voulu avoir de contact avec nous, au nom de ce même respect
déplacé que nos contemporains écologistes éprouvent envers ces peuplades primitives : aujourd’hui nous en serions peut-être encore en train de traîner dans les bois comme des pouilleux vêtus de
peaux de lapins. Et vive l’homme qui a su, comme vous l’écrivez dans votre article, « conserver une proximité physique et spirituelle avec la nature » !

Je ne suis pas ennemi de la civilisation, vous l’aurez compris. On ne peut pas gêner l’existence de millions de gens civilisés à cause d’une poignée d’attardés emplumés. La forêt amazonienne
appartient aux vainqueurs. Les terres vierges de la Nouvelle-Guinée appartiennent aux vrais dominants, et non pas aux hommes des bois, vagues créatures humaines mi-dégénérées, mi-déchues. Ces
terres appartiennent aux hommes policés, instruits, édifiés selon les saines lumières de l’Intelligence, et non pas aux esprits et autres improbables divinités inventées par des idolâtres mal
chaussés. Nous marchons sur la Lune pendant que ces indigènes courent après du gibier, la sarbacane aux lèvres. Pas pour le plaisir, comme nos chasseurs le font, non : pour survivre. Ils en sont
encore à ce stade. Le plaisir est un signe de civilisation qui nous éloigne de l’état d’animalité. Leur esprit ainsi mobilisé par la nécessité la plus primaire n’a aucune chance d’évoluer si on ne
les aide pas.

Cessons d’admirer ces piètres semblables encore à l’âge de pierre et civilisons-les une bonne fois pour toutes ! Arrêtons de faire l’éloge du « bio » à outrance. La civilisation, la culture, c’est
ce qui reste à l’homme une fois qu’il s’est affranchi de la sauvagerie.

Il aurait été si intelligent, si évolué, si civilisé, si opportunément journalistique dans votre article de vous faire le défenseur de la Civilisation à travers un tel sujet, quitte à choquer votre
lectorat, ces contemporains convaincus eux aussi de n’être que des sauvages sachant lire « France-Soir », tout juste bons à s’extasier devant leurs semblables de Nouvelle-Guinée. Papous pas si
sauvages que ça selon les saints préjugés en vigueur dans notre société, mais cependant vêtus de plumes et allant quérir leur pitance la sarbacane à la main… Au lieu de cela vous ne faites que le
procès (certaines phrases de votre article sont révélatrices) de cette civilisation qui vous a donné les moyens d’être bien chaussée, et défendez ce qui est fondamentalement indéfendable : la
sauvagerie dans son expression la plus triviale.

Je vous offre l’occasion, Madame, de défendre votre point de vue qui est, il faut l’avouer, philosophiquement très choquant. A moins qu’en guise de réponse à ma lettre, vous estimant si peu digne
de vertu, si dénaturée, si éloignée de cette « proximité physique et spirituelle avec la nature », si peu civilisée enfin, vous ne préfériez donner la parole à un de ces indigènes incultes,
analphabètes, ignorant et superstitieux dont vous semblez faire si grand cas dans votre article…

Avec l’espoir de ne vous avoir point véritablement offensée à travers mes propos parfois un peu virulents, et de vous avoir plus salutairement instruite sur quelques évidences de ce monde si
souvent et si facilement dénigrées, je vous prie de croire, Madame, à ma parfaite considération.

Raphaël Zacharie de IZARRA


Raphaël Zacharie de IZARRA 08/06/2011 10:10


LA MARCHE SUR LE FEU, PROUESSE ATTRAPE-NIGAUDS

Dans le domaine indigeste des mystères éculés, des naïfs s'imaginent encore avoir affaire à l'inexpliqué à propos des fakirs du dimanche et de leurs dupes disciples marchant pieds nus sur le
feu...

Sujet de questionnements abyssaux pour les cadres américains moyens en quête de "challenge" (dans le but d'améliorer la cohésion et la performance des employés de leurs entreprises) ou simplement
pour les gros ploucs de la France profonde, la marche sur le feu n'a pas fini d'ébahir les gogos de tous poils et les pigeons de peu de plumes...

Nul besoin d'être grand gourou des "Adorateurs de la Connerie Humaine" ou même scientifique confirmé pour se rendre compte de l'extrême banalité du phénomène. Un minimum de bon sens suffit pour
faire voler en éclat ce mystère de concierges, cette "énigme surnaturelle" des ménagères impressionnables : marcher sur le feu est à la portée de n'importe quel bipède venu.

Aucune force mentale, aucun don particulier n'est nécessaire pour poser le pied sur la braise sans grand dommage. Les lois les plus élémentaires de la physique permettent tout simplement ce
"prodige", à condition bien entendu de ne pas s'attarder bêtement sur les cendres brûlantes...

Les lois physiques et mécaniques sur les échanges de chaleur entre les corps qui sont en action ici n'interdisent pas de marcher sur le feu avec le sourire. Sans traumatisme physique, donc. Dans
une certaine mesure bien entendu : selon certaines conditions de sécurité. Pour peu que vous n'enduisiez pas sottement vos pieds d'essence ou d'huile avant de vous balader sur les braises et que
vous alliez d'un bon pas, vous ne vous enflammerez pas, n'aurez aucune grosse brûlure, n'endurerez nulle douleur insupportable.

Le délai d'entrée en action dangereuse de ces lois sur les échanges de chaleur à partir du premier contact entre la braise et la plante des pieds étant d'une dizaine de secondes (variable à
quelques secondes près selon l'épaisseur de la corne de la plante des pieds, la température de la braise, le temps de contact du pied contre la braise, la pression du pied sur le brasier -donc le
poids du corps du marcheur-, la surface du pied et le mode de la marche), vous pourrez marcher 10 mètres sans aucun dommage majeur.

Mais essayez de marcher 50 mètres, 100 mètres sur la braise... Vous vous apercevrez alors que, appliqué à ces jeux, le prétendu défi aux lois physiques ne fonctionne plus ! L'expérience a ses
limites et si vous insistez un petit peu, la braise commencera par vous brûler la plante des pieds, "force mentale" ou pas. D'ailleurs aucun gourou paradant sur la braise, très curieusement, n'a
jamais dépassé le nombre de mètres nécessaires qui risqueraient d'anéantir son "supra-pouvoir paranormal" et ainsi de l'exposer au ridicule, fatalement accompagné de brûlures, fort normales quant à
elles...

Des imbéciles payent cher des escrocs pour effectuer ce genre de stage : juste pour marcher une dizaine de mètres sur le feu et se croire extraordinaires, s'imaginer dotés de pouvoir paranormaux ou
bien se persuader être doués d'une force intérieure peu commune...

Comment peut-on être sot, crédule, décérébré à ce point ?

Raphaël Zacharie de IZARRA


Chris 08/06/2011 16:37



Je me moque complètement de savoir s'il y a risque de brûlure ou non lors des marches sur le feu.


Je ne me sens ni naïve, ni nigaude. J'ai seulement la faiblesse de m'intéresser à l'autre et sa culture, SANS AUCUN JUGEMENT. J'ai la chance de vivre à la Réunion où de nombreuses communautés
cohabitent, plutôt en bonne harmonie.


Les marches sur le feu sont des pratiques de la communauté que l'on appelle ici tamoule ou si vous préférez hindoue. Cette religion ne me semble pas moins respectable que la religion catholique,
juive, musulmane ou n'importe quelle autre.


Une amie réunionnaise me disait:"En apparence, tout se passe bien entre nous, mais en réalité, on se tolère".


Je trouve que c'est déjà beaucoup. 


Quand partout, les gens se toléreront et acceperont leurs différences, on aura déjà fait un grand pas.



janiky jany 12/03/2011 15:38


c est magnifique ! y fé plésir de voir et lire tout ça , ici en Bretagne depuis 22 ans , y manque a nous , noute culture tradition ...


Chris 14/03/2011 10:11



J'imagine combien votre île doit vous manquer. Elle est tellement belle.


Mais la Bretagne, c'est bien aussi.


Très belle journée.


 


Chris, une Bretonne exilée à la Réunion...



Célia 02/12/2010 16:21


Quelles belles couleurs (enfin la main ensanglantée sur le pantalon, un peu moins...).
Dommage qu'en métropole, il n'y ait pas autant de diversité culturelle qu'à la Réunion !


Chris 03/12/2010 13:29



Je discutais cet après midi avec une prof de musique. Elle me disait que dans une de ses classes, il y avait des élèves de 6 religions différentes. Pas mal sur un si petit territoire, n'est ce
pas.


Bises.



muse 01/12/2010 05:23


Tu peux commencer à t'entrainer pour l'an prochain! Par exemple, va marcher sur le sable noir en plein été...


Chris 02/12/2010 08:03



Fichu pays! Comme si le soleil ne suffisait pas, il y a du sable noir, des marches sur le feu et les éruptions du volcan. En ce moment, tout cela serait mieux venu en métropole!


A demain.